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La charge mentale ou

le syndrome de Rosita

La charge mentale des femmes au sein du couple

· Billet d'humeur

Pour ce premier billet d'humeur, j'ai eu envie de vous parler de la charge mentale des femmes au sein du couple. Récemment, j'ai lu le livre Se libérer de la charge mentale *, de Laurence Bourgeois. L'auteure y parle du syndrome de Rosita. Vous savez, Rosita c’est cette maman cochon dans le film d’animation “Tous en scène”. Mère de 25 enfants, elle a abandonné son rêve de devenir chanteuse pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, une mère de famille nombreuse qui gère sa progéniture et sa maison, pendant que son mari part au travail et rentre le soir, pour s'affaler dans son fauteuil, indifférent à ce qui l'entoure, enfants compris, parce que trop fatigué.

Rosita et ses 25 enfants, dans le film d'animation Tous en Scène

J’ai longtemps souffert de ce syndrome qui touche toutes les femmes actives du XXIe siècle et qui nous pousse à tout gérer de front, sans jamais demander d’aide : 

la charge mentale, qu’on pourrait résumer par « T’as pensé à »

Et je pense qu’aujourd’hui encore, je ne suis pas totalement guérie.

Au départ, je gérais. J'étais jeune, ambitieuse et pleine d'énergie. J’avais un boulot intéressant dans une grosse société. J’habitai en région parisienne et cumulai 2 h 30 de transport quotidien. Mais même pas peur. Comme je l’ai dit, à l’époque, j’étais jeune. Je voyais ces contraintes comme un challenge, un défi. 

Puis, j’ai eu mon premier enfant ; nous avons alors déménagé, mais du coup encore plus loin, pour pouvoir nous offrir une maison avec un jardin. Je cumulais 3 h de transport par jour (dans le meilleur des cas). Vous ajoutez à cela un mari souvent en déplacement à l'étranger pour son travail... La mule était bien chargée, mais je tenais bon. Je ressentais même une certaine fierté devant l’étonnement admiratif ou perplexe de mes ami(e)s. 

« Mais comment fais-tu ?»

Quand mon fils est né, c'était borderline. Je passai mon temps à courir : je déposai le plus jeune chez la nounou, ensuite l’aînée à l'école, puis je courrai pour attraper le RER, le métro, pour arriver finalement au boulot déjà épuisée, alors que je n’avais même pas commencé ma journée de travail. Heureusement, je pouvais compter sur la sororité de mes collègues, qui étaient déjà passées par là et qui me soutenaient, me réconfortaient. Et le soir, rebelote : ranger vite son bureau, éteindre son ordi pour attraper son métro, son RER (sans compter les aléas des transports en commun, les imprévus au boulot…); passer chez la nounou récupérer mes deux petits monstres, rentrer à la maison, donner le bain, préparer à dîner, lire l’histoire.... J’avais 2 journées en 1. J'étais à la limite du burn-out. J’ai bien essayé de négocier quelques jours en télétravail, mais à l’époque, c’était encore mal vu. Ma hiérarchie m’a finalement accordé 1 jour de télétravail… par mois !

Et puis un jour, lors d'une fête de famille, un de mes cousins a dit cette phrase :

 « 3 h de transport par jour, mais c'est de la folie ! »

Il n’émettait aucun jugement, c’était juste un constat qu’il formulait à haute voix. Et ça a été le déclic. L’absurdité de la situation m’a explosé au visage. Je ne voulais plus de cette vie. J'en avais assez de courir tout le temps, pour ne plus savoir au final après quoi je courais. Marre de me transformer le soir venu, en harpie hystérique. Marre de crier sur mes enfants, mon mari, parce qu’épuisée, je ne supportais plus rien et ne voulait plus qu'une chose, dormir. Ma vie (métro, boulot, dodo) ne me convenait plus. J’approchais de la quarantaine, c'était le moment ou jamais. 

J’ai fait un bilan de compétences et changé de métier. Aujourd’hui, je travaille à la maison. Petit à petit, je compartimente ma vie perso et ma vie pro ; j’impose des limites. Les choses se mettent en place, les cartes sont redistribuées.

Attention, je ne suis pas guérie pour autant. Rosita pointe encore parfois le bout de son nez (ou le bout de son groin), mais je me soigne. J'essaie de ne plus vouloir tout gérer, de déléguer et surtout de dire ce que je veux. Mon mari n'a pas le don d'ubiquité (et heureusement d’ailleurs). Si je ne lui dis pas ce que je veux, et ce, dont j’ai besoin ; si je ne lui demande pas de m’aider en passant à la pharmacie par exemple pour récupérer les vaccins pour le rappel des enfants, le lendemain... il ne peut pas le deviner. 

Il suffit parfois de dire les choses, tout simplement. 

Nous sommes notre pire ennemie. 

En ce moment, je souffre du syndrome de l’imposteur. Quésaco ? Cela fera l’objet d’un prochain billet. D’ici là, n’oubliez pas : personne ne vous demande d’être parfaite et d’assurer sur tous les fronts. Lâchez du leste, pour votre santé mentale et celles de vos proches.

Pour aller plus loin : 

Faites le test « Evaluez votre charge mentale », réalisé par Dr. Aurélia Schneider, psychiatre et spécialiste en psychothérapies comportementales et cognitives.

« Un autre regard », Massot éditions, 2017. BD de la blogueuse Emma sur le concept de la charge mentale

* Se libérer de la charge mentale, par Laurence Bourgeois, aux éditions Eyrolles.

** Tous en scène est un film d'animation américain en images de synthèse écrit et réalisé par Garth Jennings, créé par illumination Mac Guff et distribué par Universal Pictures en janvier 2017, en france. Une suite est prévue pour décembre 2021

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